Pollution lumineuse sur l’Auxerrois …. vers une évolution

Les conséquences de l’excès d’éclairage artificiel ne se limitent pas à la privation de l’observation du ciel étoilé. Elles sont aussi une source de perturbations pour la biodiversité (modification du système proie-prédateur, perturbation des cycles de reproduction, des migrations,…) et l’homme (le cycle jour/ nuit est également très important) et représentent un gaspillage énergétique considérable (1)

Les paysages nocturnes font partie du patrimoine commun de la nation (L.110-1 du code de l’environnement). Il est du devoir de chacun de veiller à la sauvegarde et de contribuer à la protection de l’environnement, y compris nocturne. (L.110-2 du code de l’environnement).

 

Afin de traiter cette problématique, une règlementation nationale a été mise en place, bien qu’encore peu suivie.

L’article L.583-1 du code de l’environnement précise les 3 raisons de prévenir, supprimer ou limiter les émissions de lumière artificielle lorsque ces dernières :

  • sont de nature à présenter des dangers ou à causer un trouble excessif aux personnes, à la faune, à la flore ou aux écosystèmes,
  • entraînent un gaspillage énergétique
  • empêchent l’observation du ciel nocturne (et la….on part de très très loin, presque plus personne ne peut se vanter de connaitre un vrai ciel nocturne : d’ailleurs l’OFB vient de publier un nouvel indicateur mesurant la pollution lumineuse.

 

L’arrêté du 27 décembre 2018 relatif à la prévention, à la réduction et à la limitation des nuisances lumineuses précise

  • Les lumières éclairant le patrimoine et les parcs et jardins accessibles au public devront être éteintes au plus tard à 1 h du matin ou 1 h après la fermeture du site ;
  • les éclairages intérieurs de locaux à usage professionnel doivent être éteints une heure après la fin d’occupation desdits locaux ;
  • les éclairages des vitrines de magasins de commerce ou d’exposition sont éteints au plus tard à 1 heure ou une heure après la fin d’occupation desdits locaux si celle-ci intervient plus tardivement. Elles peuvent être allumés à partir de 7 heures ou une heure avant le début de l’activité si celle-ci s’exerce plus tôt ;
  • les parkings desservant un lieu ou une zone d’activité devront être éteints 2 h après la fin de l’activité, contre 1 h pour les éclairages de chantiers en extérieur ;
  • les éclairages extérieurs destiné à favoriser la sécurité des déplacements, des personnes et des biens, liés à une activité économique et situés dans un espace clos non couvert ou semi-couvert, sont éteints au plus tard 1 heure après la cessation de l’activité et sont rallumés à 7 heures du matin au plus tôt ou 1 heure avant le début de l’activité si celle-ci s’exerce plus tôt.

 

Dans ce cadre règlementaire, l’Auxerrois, a prévu dans le projet de territoire page 14  de candidater au label ‘Villes et Villages étoilés’ (2). Sur ce thème, nous pouvons souhaiter une politique volontariste plutôt que minimaliste (pour le label). Surtout, sera-il compatible avec le plan lumière prévu sur ce même projet (éclairage des bâtiments historiques sur l’Auxerrois).

Sur Charbuy, les lumières sont actuellement arrêtées la nuit ce qui est une très bonne chose. Il est prévu (Auxerrois magazine page 14) de passer à un éclairage LED avec le SDEY. Espérons que cela ne soit pas une occasion de prolonger l’éclairage nocturne ou ajouter des points lumineux.

En effet, l’ANPCEN alerte sur les LEDs qui accroissent les quantités de lumières émise la nuit par augmentation du nombre de point lumineux et l’absence suffisante des puissances installées.

 

Affaire à suivre.

Damien

 

 

(1) Selon l’Ademe, les 11 millions de points lumineux qui constituent le parc d’éclairage public appellent une puissance d’environ 1300 MW, soit la puissance délivrée par une tranche nucléaire récente à pleine charge. L’éclairage public correspond à 41 % de la consommation d’électricité des communes et émet annuellement 670 000 tonnes de CO2.

l’ANPCEN a démontré que depuis les années 90, la quantité de lumière émise par l’éclairage public a augmenté de +94% (+89% de nombre de point lumineux). Sans compter les illuminations des façades, des particuliers en extérieur, vitrines, bureaux etc….

(2) Le concours « Villes et Villages Etoilés » encourage les actions menées dans une approche globale prenant en compte à la fois les enjeux de confort et sécurité, de biodiversité, de santé des humains, les coûts économiques et gaspillages énergétiques, les relations associant les citoyens… Il encourage les meilleures pratiques en la matière.

Notre environnement : Générateur anti-grêle et nanoparticule d’iodure d’argent

42 générateurs « anti-grêle » sont déployés dans l’Yonne, afin de protéger notre vignoble Icaunais.
la carte
Les plus proches de CHARBUY sont ceux d’APPOIGNY, JOIGNY, VOLGRE, POILLY SUR THOLON et VILLEFARGEAU.

Enfin, ils ne sont pas « anti » grêle. En injectant des nanoparticules d’iodure d’argent dans les nuages, l’objectif est d’augmenter le nombre de grêlons au dépend de leur taille et de leur effet dévastateur.
Ils seront mis en service dès que le risque de grêle dépassera 40%, 4h avant l’orage, pour une efficacité de 50% (enfin c’est ce qui est vendu, une chance sur 2, c’est facile comme chiffre).

Intéressons nous à ce produit que l’ANELFA (Association Nationale d’Etude et de Lutte contre les Fléaux Atmosphériques) juge inoffensif.

Les générateurs de vortex se composent d’une bouteille d’air comprimé qui met sous pression une solution contenant de l’acétone et de l’iodure d’argent qui est ensuite vaporisée dans l’atmosphère via un bruleur.
La flamme permet alors au mélange gazeux contenant des particules d’iodures d’argent de s’élever rapidement dans les airs. Une quantité massive de particules (2 x 1011 chaque seconde) peut être délivrée (8.8 g chaque heure par appareil).

La fiche toxicologique montre qu’il n’y a pas beaucoup d’étude sur le sujet, mais l’iodure d’argent s’accumule dans le foie facilement, s’inhale facilement (puis migre facilement dans le corps), et est toxique pour la vie aquatique. Je cite : « La pulvérisation d’aérosols d’Iodure d’argent peut entraîner une contamination des sols et des milieux aquatiques, dont on ignore actuellement l’impact sûr l’environnement. »

Les nanoparticules aéroportées poserait donc un problème de santé du fait de leur capacité à pénétrer profondément dans les voies respiratoires, puis à migrer dans l’organisme, (Université Virgina Tech, États-Unis, 2012 dans le Journal of the Air and Waste Management Association).

Certaines plantes, comme les mousses et lichens peuvent les stocker. Interrogez vous quel animal de plein mange du lichen, et que vous manger ensuite pour voir comment cela peut s’accumuler dans votre organisme.

A l’heure ou il est prévu de supprimer les nanoparticules de dioxyde de titane de nos assiettes (agent blanchissant), voire des cosmétiques etc… on peut vraiment s’interroger sur l’utilité de nous rajouter une pollution probable et très volatile tous les 10 km dans le secteur. D’autant que le vignoble s’en est bien sorti jusque la.

Encore une fois, le principe de précaution devrait primer.

Damien